Quand il s’agit de faire les courses avec Lilas, ça tourne souvent au drame. Elle court dans les rayons, rajoute des articles dans le caddie et si l’adulte s’y oppose, elle hurle et se roule par terre. Bref, faire les courses avec Lilas, c’est l’horreur.

Tout d’abord, une petite réflexion concernant le supermarché en lui-même. Rappelons-nous que c’est un lieu qui n’est pas du tout adapté à un enfant : trop grand, trop de monde, trop d’objets de tentation inaccessibles, trop de stimulations (visuelles, auditives). Le supermarché rend les enfants nerveux avant même que la course aux courses n’ait démarré…

Alors si une grand-mère vous fait remarquer que de son temps les enfants savaient se tenir, vous pourrez lui répondre que de son temps, les supermarchés n’existaient pas (ou peu !) et que faire ses courses en centre ville, c’est beaucoup plus agréable pour un enfant : entre deux magasins, il s’aère et peut courir sur le trottoir ; il peut échanger deux mots avec le commerçant et la boulangère lui offre un bonbon. Les temps ont changé, pas les enfants !

Seulement, il faut bien faire ses courses, alors y a-t-il des trucs et astuces que ça se passe à peu près bien ? Les enfants, en remuant et en touchant à tout, nous donne un indice puissant sur leur besoin : remuer et toucher à tout. Autant mettre ce besoin à profit plutôt que de s’y opposer sans succès. Pour cela, les supermarchés nous aident un peu : un caddie à taille d’enfant ou un panier qui roule et voilà les mains occupées (et c’est réalisable dès 18 mois). Ensuite, quand vous choisissez un article, vous pouvez demander à l’enfant de le prendre en rayon et de le déposer dans son caddie. Vous pouvez également envoyer votre enfant en mission. Selon son âge, il devra choisir entre les pommes rouges ou les vertes, compter les carottes à mettre dans le sachet, peser, s’orienter pour aller chercher les petits pois dans le rayon voisin. Les plus imaginatifs d’entre vous pourront peut-être même inventer des jeux à réaliser dans les rayons (“le premier qui trouve tel article”, “devinette : je suis fait de lait, je suis mis dans un pot, tu en manges au dessert” etc).

Quant au rayon des bonbons et des jouets, soit il est possible de l’éviter et ça résout le problème, soit votre enfant a bien en tête ce qu’il veut et là, plusieurs solutions s’offrent à vous. Vous anticipez le conflit et dans la voiture, vous expliquez la règle à votre enfant (ça ne vous donne pas de garantie qu’il n’y aura pas de problème devant le rayon mais à force, ça donne des résultats !). Vous pouvez peut-être trouver un terrain d’entente avec votre enfant (la boulangère donnait bien un petit bonbon à l’époque !). Vous pouvez lui donner ce qu’il souhaite par l’imaginaire (“ah, tu veux un bonbon. Et bien, je n’avais pas prévu d’en acheter un vrai mais tu peux en avoir 3 faux. Tu veux quel parfum ?”, si l’enfant ne rentre pas de suite dans le jeu, vous pouvez poursuivre. “Moi, j’en veux mille. J’en prends 10 à la fraise, 23 au chocolat…”). C’est assez surprenant, voire déstabilisant pour les parents, mais souvent ça marche !!

D’autres conseils pour palier à ce genre de situations sont donnés dans l’ouvrage de Faber et Mazlish “parler pour que les enfants écoutent et écouter pour que les enfants parlent”, d’Isabelle Filliozat, “J’ai tout essayé” et de Jane Nelson, “la discipline positive”.

Ces trucs et astuces ne demandent plus qu’à être testés, pour être validés ou pas ! Et chez vous, qu’est-ce qui marche ? Comment ça se passe ?

Ségolène Hartz, psychologue et présidente de L’Accolade