Marcus a 18 mois. Au parc, il voit un autre enfant qui a plus ou moins le même âge. Le pointant du doigt, il dit à son père : « oh, bébé ». La réponse de l’adulte est presque automatiquement programmée : « mais, toi aussi tu es un bébé ! » et accompagnée d’un petit rire doucement moqueur. Mais peut-on interpréter différemment la phrase de l’enfant et ainsi lui offrir une autre réponse ?

Marcus a prononcé 2 mots. C’est à l’adulte de compléter la phrase et d’y mettre un sens. Au vue de la réponse du parent, il semblerait qu’il a interprété la phrase ainsi : « oh, il y a un bébé et moi je n’en suis pas un », ou alors « oh, il y a un bébé plus petit que moi ».

Peut-être peut-on interpréter la phrase de l’enfant dans ce sens : « oh, il y a un bébé dans ce parc », ou bien « oh, je vois un bébé”. La réponse de l’adulte sera alors tout autre : « mais oui, un autre bébé »…

Cette situation, fort banale, est révélatrice de nos phrases automatisées. Parce que ce sont celles que nos parents nous ont dites, parce que c’est ce que tout le monde répète, nous les reprenons à notre compte et les répétons sans même réfléchir à ce qu’elles renvoient. Souvent, l’adulte qui répond “mais toi aussi tu es un bébé” n’a pas vraiment pensé et pesé ce qu’il dit.

Et vous ? Quelle réponse avez-vous l’habitude de donner ? Avez vous d’autres exemples de situations où nous avons des “réponses automatisées” ?

Ségolène Hartz, psychologue, présidente de L’Accolade